Mai 2008 - Batterie d'examens et décision importante

Publié le par P'tit écureuil

5 mai 2008 - Biopsie

L'Homme est rentré à la clinique hier après-midi, j'étais effondrée en me retrouvant seule avec Petit Homme. J'ai fini par aller chercher du réconfort chez mes cousins. Nous sommes rentrés pour nous coucher, la maison me semblait bien silencieuse et je n'ai pas fermé l'œil de la nuit. Je repassais le mauvais film dans lequel nous vivions depuis une semaine et n'arrivais pas à m'ôter de la tête ces fichues statistiques. Pourquoi aurions-nous « la chance » d'être dans les 5 % qui s'en sortent au bout de 5 ans. Crises de larmes et sommeil agité, tête de déterrée le lendemain matin, journée d'anxiété car l'intervention n'a eu lieu qu'à 17h00. A 19h00, l'Homme m'appele lui-même pour me dire que tout s'était bien passé et « qu'il avait bien dormi »… Ouf, encore une épreuve de notre marathon de passée. Je suis tellement à la ramasse que je n'ai pas le courage d'aller bosser. Je vais donc voir notre cher médecin traitant, qui me tient des propos peu encourageants « ce qu'à votre mari est très grave, on va lui faire de la chimio, peut être de la radio ». Moi (ayant vu sur internet que la seule chance de guérison est l'opération)  « et l'opération ???? » Médecin traitant « oh là là, il n'en est pas question pour l'instant, il faut déjà arrêter la propagation des cellules par la chimio, ensuite on verra »… je ressors avec une ordonnance d'antidépresseurs, d'anxiolytiques et de somnifères  et d'un arrêt de 10 jours !.



16 mai 2008 - Visite chez le gastro-entérologue


Nous avons rendez-vous avec le gastro-entérologue pour les résultats de la biopsie. Le « staff » de l'hopital s'est réuni (gastro-entérologue, chirurgien, cancérologue) pour décider quoi faire. Comme il s'agit d'un adénocarcinome, il faut mettre en place un protocole de chimio et installer une « chambre » sous anesthésie générale pour faciliter les séances et les rendre moins douloureuses.

Pendant que nous attendions les résultats, j'ai contacté une connaissance de longue date, dont le cousin est professeur en virologie à la Pitié-Salpétrière. Je lui ai demandé si ce fameux cousin ne connaîtrait pas un cancérologue spécialisé en hépatico-bilio-pancréatique, car j'ai appris que les cancérologues sont comme tous autres médecins, « généralistes » ou « spécialistes ». Devant le type de cancer développé par l'Homme, je me disais qu'il valait mieux avoir affaire à Dieu qu'à ses saints… J'ai eu confirmation que les deux hopitaux « spécialistes » du pancréas étaient Beaujon et la Pitié. Bien entendu, le cousin pouvait nous recommander au Professeur H., qui est un copain d'études… J'ai donc fait part de notre souhait d'obtenir un RV à Paris pour un nouvel avis. La gastro de notre petit hopital de province n'était pas très contente, mais après tout ce n'était pas sa vie à elle qui était en jeu. Et puis en voyant sa tête à la fin de l'entretien, on a eu envie de pleurer tellement  on lisait clairement dans son regard qu'il n'y a que peu d'espoir. Nous sommes ressortis vidés, mais avec un rendez-vous avec le Pr H. dès le lundi suivant à 13h00…. Les relations, ça sert !!!!




19 mai 2008 - 1er rendez-vous avec le "Professeur H."


Salle d'attente du service Hépatico-bilio-pancréatique de la Pitié, 13h00…. Angoisse…. 14h00…. Il y a de plus en plus de monde, et nous ne sommes toujours pas passés… 15h00, l'Homme a faim (il est bien le seul) et va se chercher un sandwich. 15h30, ouf, on nous appelle. Le Pr H. regarde les comptes rendus du scanner et de la biopsie et nous lance froidement « il y a une incohérence entre ces deux examens… » Nous : « ??? » Lui « bon, demain c'est plutôt calme, venez à 15h20, mon collègue écographe Œil de Lynx vous fera un examen complet, et nous on se revoit jeudi pour que je vous dise ce que je fais ». Nous « c'est plutot bon signe ou pas ». Lui « c'est l'échographie qui nous le dira, je ne veux pas vous laisser d'espoir sans être sûr. L'Homme est persuadé que tout le monde s'est trompé et que ce n'est pas un cancer. Moi j'ai les neuronnes qui s'entrechoquent et je ne sais pas quoi penser. Retour à la maison pour 24 nouvelles heures d'attente. J'ai l'impression que nous ne faisons plus que ça, attendre, encore et toujours.



22 mai 2008 - Décision du "Professeur H."


Nouvelle (longue) attente pour rencontrer le Pr H. L'Homme est serein, moi j'ai l'impression que j'ai le coeur qui va exploser tellement je suis angoissée. Nous nous retrouvons en face de lui, prêts à entendre son verdict. "Bon, c'est bien ce que je pensais. Il n'y a pas de métastases, la tumeur est bien localisée sur la tête du pancrés, la morphologie permet l'opération, donc j'opère. Maintenant, le plus dur va être de trouver une date dans mon agenda.... voyons, disons le 13 juin. Je vous propose de rencontrer l'anesthésite tout de suite, ainsi que le chef de service pour remplir tous les papiers. Comme ça le 13 vous n'aurez rien à faire".... et nous voilà de nouveau à attendre pour rencontrer l'anesthésiste. Au bout d'une heure, voyant que des personnes arrivées bien après nous passaient, je lui pose la question de savoir quand nous allons être appelés... notre dossier était resté au secrétariat, donc elle ne nous avait pas sur son planning... 1er grand enseignement : ne jamais faire confiance à l'AP-HP et se débrouiller seul !. Le Pr L., qui va endormir l'Homme, après un interrogatoire serré pour connaître ses antécédants, nous détaille l'opération qu'il va subir "car, dit-elle, le Pr H. ne vous a certainement rien dit à propos de l'intervention que vous allez subir, qui s'appelle une DPC (si vous voulez être savants, cela veut dire Duodeno-Pancréatectomie Céphalée)" (ben non, il nous a expédiés en 5 mn !). "Il s'agit d'une opération lourde, environ 10 heures d'anesthésie, où l'on procède par étapes, pour retirer d'abord le duodenum (et un petit bout de l'estomac), ensuite la tête du pancréas, puis suturer l'estomac avec l'intestin grêle, puis refermer le tout" et voilà, le tour est joué (ben voyons).... Se tournant vers l'Homme "vous n'avez pas maigri, vous n'avez pas de symptômes en dehors de la douleur, donc tout devrait bien se passer". Nous repartons dans un état second. Le fait qu'il puisse être opéré me soulage beaucoup, mais devant l'ampleur de cette intervention, la peur me reprend. Je vais apprendre à vivre avec les mois suivants.

Ce n'est qu'une fois à la maison que nous constatons que le 13 juin est .... un VENDREDI !.





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Publié dans La Maladie de l'Homme

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